Enseignements Transversaux LLSH - Etape transversale LLSH - Semestre 3
Pourquoi l’art serait-il forcément l’art du beau, soumis à l’esthétique du bon goût et aux canons des beaux-arts ? L’art aurait-il des limites légitimes ou sinon la laideur ne serait-elle autre chose qu’un préjugé académique, qu’un tabou social, qu’un interdit moral, bref qu’une censure esthétique ? Et la laideur est-elle vraiment l’inverse du beau, car sans la première, le second ne deviendrait-il pas ordinaire, fade, et en somme… moins beau ? Mais si au contraire il existait un certain art du laid, n’apparaîtrait-il pas paradoxalement beau ? Ce que nous considérons comme laid interroge ainsi les frontières de l’esthétique, l’inconscient de l’art, l’impensé du jugement du goût et de ses normes. Entre effroi du beau et fascination pour l’effroyable, ce cours étudiera un panorama de la philosophie de l’art et de l’esthétique (Platon, Aristote, Hume, Burke, Diderot, Kant, Rozenkranz, Benjamin, Adorno, Kolnai, Danto, Eco…) à travers le prisme de l’esthétique de la laideur. Il s’agira de revenir sur l’origine de l’opposition du beau et du laid chez Platon, pour examiner ensuite l’esthétique de la tragédie grecque, le sentiment du sublime terrifiant, l’art du grotesque et du monstrueux, la séduction de la violence et de l’horrible, l’esthétique des ruines et des catastrophes, l’art du kitsch, l’esthétique de la dissonance…
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